L’Analyse des Pratiques Professionnelles

et

Régulation d'Équipe

Je conduis des Groupes d’Analyse des Pratiques Professionnelles pour les professionnels des Établissements et Services de Soins, Sociaux et Médico-Sociaux.
Organisés le plus souvent en cycles de 10 séances, ils peuvent compter jusqu’ à 12 personnes.
Ce travail concerne tous les professionnels, sans pré-requis.

➢ Le Groupe d’Analyse des Pratiques Professionnelles (GAPP) est un espace de travail et d’expression confidentiel, organisé, collectif et collaboratif qui propose d’accompagner les professionnels pour une meilleure compréhension des situations / expériences professionnelles dans lesquelles ils ont été impliqués (en ont été les co-acteurs et co-auteurs).
Rétrospectivement, une question reste posée, une impression, un sentiment parfois diffus subsistent. Ils veulent revenir sur ce qu’ils ont vécu, prendre le temps d’en (re-)parler, de témoigner ; bénéficier des regards croisés de leurs pairs pour construire des savoirs nouveaux sur la situation considérée (position méta-cognitive, se former), mieux la comprendre, agir.


Ma méthodologie d’intervention : groupe de parole, mise en œuvre d’un protocole construit ou utilisation de supports et scénarios pédagogiques diversifiés.


Notre travail prend sa forme (elle évolue parfois), en fonction de ce qui est proposé, du climat qui règne dans l’ici et maintenant de notre rencontre en début de séance : une expérience professionnelle vécue, une préoccupation ou thème en rapport avec l’exercice professionnel.
La proposition est validée par le groupe.


Ma priorité est alors autant que possible, de rejoindre les Personnes là où elles sont. Nous ferons le chemin ensemble.

L’entrée par un thème professionnel pertinente s’il en est, ne doit pas pour autant nous faire perdre ‘’le fil des pratiques professionnelles’’ en ouvrant nos réflexions et échanges vers des considérations par trop généralistes et conceptuelles.
Il est en effet fort à craindre que nous ne ferons pas mieux que les auteurs des nombreux ouvrages qui peuplent les centres de documentations et autres bibliothèques.


Et tel n’est pas notre objet.


➢ Favoriser la position de parole incarnée : « un sens en première personne »[1]

Nous recentrons notre travail sur des situations / expériences professionnelle(s) vécue(s) par les professionnels eux-mêmes en rapport avec le thème proposé.


C’est en effet la façon dont les Personnes ont vécu ce moment professionnel qui est au centre de nos préoccupations.
Il n’y a pas de ‘’petite situation’’, de situation banale ou sans intérêt. Toutes ont leur place de manière inconditionnelle.
Ce qui a été est. Les subjectivités engagées sont objectives. Elles sont des éléments constitutifs de la situation présentée.


Pour Jacky Beillerot, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Paris X-Nanterre[2] « C’est par sa conscience, puis sa compréhension des situations et des phénomènes que le sujet accédera à une possible transformation même du réel. Il est donc affirmé que l’humain n’est pas une machine à computer ou à appliquer des protocoles car il engage dans toutes ses actions une part essentielle de sa subjectivité consciente et inconsciente et donc de son histoire individuelle et collective »

Dans tous les cas, notre travail est organisé autour de quatre axes essentiels :


✔ l’exposé des faits sans interprétations ni jugements,
✔ l’identification et la formulation de la / les question(s) que la situation (nous) pose,
✔ la formulation d’hypothèses de compréhension de la question / du problème identifié(e) plus tôt,
✔ la co-construction de propositions d ‘action(s) dans cette situation.


Mais l’engagement dans ce travail ne va pas de soi. Il n’est pas spontané.


Prendre le temps de construire le groupe.


Participer à un Groupe d’Analyse des Pratiques Professionnelles demande de la motivation, une réelle implication et du temps.
Aussi, la présence régulière et suivie de chacun-e des participants est-elle la condition nécessaire à l’acquisition progressive d’ “habitudes de travail”; à l’installation progressive du climat de confiance et de sécurité indispensable à la pratique d’une parole incarnée libre, respectueuse et respectée.


Prendre la parole en groupe, c’est s’exposer. C’est aussi prendre le risque d’être jugé.


Même si le rôle le rôle de l’intervenant est ici déterminant, chacun des membres du groupe est co-garant du cadre respectueux des échanges.
En celà, le GAPP est aussi un espace d’engagement des responsabilités individuelles.


Un soutien institutionnel réel (mise à disposition des locaux et matériels, respect des temps de présence des professionnels aux séances) contribue à en faire un espace identifié, reconnu et porteur de sens.


Passer de la difficulté à la complexité, de la plainte au sens


Engagés quotidiennement dans des contextes et environnements de travail particulièrement exigeants et incertains, les professionnels disent parfois « ne plus comprendre ce que l’on attend d’eux », expriment leur « sentiment de solitude » face aux situations.


Ils disent parfois vivre une crise de sens.

Nous savons aujourd’hui les conséquences délétères de ces situations sur la santé, les ambiances de travail, les relations interpersonnelles, la qualité des prestations.


Il apparaît que, malgré les bonnes volontés et les actions menées, les Institutions et Organisations de travail ne permettent que trop rarement encore à leurs collaborateurs de prendre le temps de revenir sur le travail réalisé et les conditions de sa réalisation.


Les situations professionnelles sont des gisements qu’il est possible d’exploiter pour en extraire les informations utiles.

Prendre ce temps, le prévoir, c’est pourtant agir pour que Le Travail demeure ou redevienne source de plaisir et de réalisation de soi.

Nommer les désaccords, exprimer les conflits, favoriser et soutenir les débats de normes et de valeurs dans un cadre sécurisé, permettre « la dispute professionnelle », expression incarnée du sens de l’engagement de chacun-e pour la bonne réalisation de sa mission, appartiennent aussi aux dynamiques favorisées par la conduite des Groupes d’Analyse des Pratiques Professionnelles.

Ils sont aussi un espace de régulation des collectifs de travail.


Mieux se connaître, mieux se comprendre pour mieux travailler ensemble.

Pris dans des rythmes institutionnels souvent très soutenus, les professionnels manquent de temps pour se rencontrer,(se)parler, s’écouter, prendre du recul sur les situations, nommer ses émotions, « refaire son métier »[3]. Ils disent « se connaître finalement assez peu, assez mal ». L’essentiel, ce qui « fait sens » est peu parlé, nommé.

A l’instar du turn-over parfois important en œuvre au sein des équipes de travail, leur composition inter-métiers pour absolument indispensable qu’elle est, complique aussi la mise en œuvre des coopérations. Les cultures professionnelles, les logiques d’action mobilisées, les projets, objectifs, niveaux de contraintes sont parfois contradictoires voire incompatibles entre eux.
Les risques d’incompréhension et de mal-entendus, à l’origine de nombre de tensions sont nombreux.


Oui, le travail peut parfois gêner voire empêcher le travail.


Le plus souvent expliquer suffit.

Mais tout ne va pas mal !


Reconnaître, valoriser les compétences et les réussites.


Toutefois, s’intéresser de près aux difficultés rencontrées par les professionnels dans l’exercice de leurs métiers ne doit pas faire oublier de prendre en considération pour en favoriser la reconnaissance, les situations de réussites professionnelles (personnelles). Même s’il apparaît que nous avons plutôt tendance à regarder du côté de ce qui ne va pas, du côté de ce qu’on n’a pas réussi .... je n’oublie pas d’inviter les professionnels à parler de leurs réussites, de leurs satisfactions, de leur sentiment de fierté face à la tâche réalisée.

La réussite de l’Un-e peut être et devenir aussi la réussite de l’Autre.
Une façon de faire, avoir su ne pas faire peuvent constituer une véritable source d’inspiration. Il s’agit alors d’essaimer la réussite.
En outre, le Groupe d’Analyse des Pratiques Professionnelles n’est pas un espace ‘’hors sol’’. Les professionnels peuvent tout à fait se saisir d’une idée, d’une proposition d’action nées de nos échanges pour initier la conduite d’un projet opérationnel au sein d’un service.


Dans tous les cas, nous partons ensemble du postulat de ‘’l’action de chacun-e, de son mieux pour le mieux’’ et l’érigeons comme base de communication.


Repères conceptuels :


Analyse du Travail, Clinique de l’Activité (Y. Clot)-Didactique Professionnelle (P. Pastré)-Techniques d’Entretien d’Explicitation (P. Vermersch)-Communication Non Violente (M.B Rosenberg)-Psycho-dynamique du Travail (C. Dejours)-Approche Centrée sur la Personne (C.R. Rogers)-Gestalt (Perls, Goodman)-Approche philosophique de l’Expérience (J. Dewey).


Mots-clés :


Analyse des Pratiques Professionnelles-Action (Logiques d’)-Agir professionnel-Cohésion d’Équipe-Communication-Compétences (mobilisées/attendues)-Conflits-Changements- Compréhension- Conduite de projets- Coopération (faire)-Débat-Dialogue- Écoute-Expérience- Explicitation-Implication-Prévention maltraitance- Promotion bientraitance-Réflexivité- Régulation-Responsabilité-Risques Psycho-Sociaux-Sens-Situations professionnelles- Travail en (d’)équipe.

Samuel Wrobel

[1]Michel Berthelot, École, orientation, société, Paris, PUF, 1983.
[2]Jacky Beillerot, CRAP-Cahiers Pédagogiques, septembre 2003.
[3]Emprunté à Jean-Luc Roger in « Refaire son métier Essai clinique de l’activité », érès, clinique du travail, 2007.

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